24/02/2008

Parce que 3% d'émissions de gaz à effet de serre est 3% de trop.

 

Mettons les choses au clair et arrêtons de faire l'autruche: l'avion, s'il est incontestablement pratique et incontournable lors que l'on évoque des déplacements de plus de 1000 km, est un fléau pour l'environnement.

 

3% des émissions de gaz à effet de serre, me dit on, c'est négligeable… ben voyons!

 

Qu’il s’agisse de tourisme, de voyages d’affaires ou de transport de marchandises (fret), le transport aérien connaît une croissance soutenue. Au niveau mondial, le transport des passagers s’accroît ainsi de 5 % par an et le fret de 7%, en Inde et en Chine, on estime que le transport aérien doublera chaque année jusqu'en 2030.

 

C’est le transport aérien qui génère la plus grande quantité d’émissions de CO2 par passager/km (et par tonne/km dans le cas du fret). En moyenne, un passager d’avion émet deux fois plus de CO2 qu’en voiture, 6 fois plus qu’en train, en métro ou en bus. Pour les marchandises, on évalue qu’il produit 6,5 fois plus de CO2 qu’un camion et 80 fois plus qu’un train ou un bateau. Tout ceci, sans parler du bruit et autres nuisances dont sont victimes les riverains des aéroports …

Lors d’un aller-retour Paris-New York, un avion émet environ 1,25 tonne de CO2 par passager (cela dépend de plusieurs facteurs comme le type de l’avion, le taux de remplissage, la présence de classe affaires…). En dehors du CO2, un avion émet des oxydes d’azote (Nox), des particules, de la vapeur d’eau et provoque des traînées de condensation qui participent à la formation des Cirrus (nuages de haute altitude). Ces autres émissions s’ajoutent donc au pouvoir de réchauffement (l’effet radiatif) des seules émissions de CO2. Les traînées de condensation des avions participent à l’effet de serre et à la formation de Cirrus.

D'après le GIEC, il faudrait multiplier les émissions de CO2 de l’avion par 2,7 pour tenir compte de l’effet radiatif des autres émissions. Autrement dit, l’effet du vol Paris-New York est le même que si l’on émettait l’équivalent de 3,4 tonnes de CO2 au sol ! Faire un aller-retour Paris-New York a donc pratiquement autant d’effet sur le climat que de rouler toute une année avec une voiture moyenne ou de chauffer une maison pendant un an.

Les vols court et moyen-courrier émettent proportionnellement plus de gaz à effet de serre car le décollage et l’atterrissage provoquent une surconsommation de carburant. Un calcul sur www.compenco2.be donne les résultats suivants pour un aller-retour Paris-Londres (690 km) : 190 kg CO2 par personne en avion, 140 kg en voiture (2 personnes à bord) et à peine 50 kg en TGV et 40 kg en autobus. Les émissions de la voitures sont élevées du fait qu’il est tenu compte des l’amortissement de la fabrication du véhicule et des infrastructures routières.

Quelles solutions politiques ?

Le rendement énergétique des avions s’est amélioré d’environ 70% au cours de ces 40 dernières années. Malgré cela les émissions de GES des avions continuent à augmenter du fait de l’accroissement du trafic et du tourisme en particulier. Les solutions avancées aujourd’hui sont :

  • une taxation du kérosène : celle-ci serait la plus efficace sur la demande mais est très mal acceptée par les compagnies aériennes;
  • la taxation des émissions : c’est l’application du principe pollueur-payeur ;
  • une meilleure gestion du trafic aérien ;
  • idéalement les vols de nuit devraient être évités car l’effet des traînées de condensation des avions est plus important la nuit !
  • poursuivre les progrès technologiques afin de diminuer les émissions de CO2 et de NOX ;
  • intégrer les transports aériens dans le système communautaire d’échange de droits d’émissions : c’est l’instrument économique qui est privilégié actuellement et qui pourrait entrer en vigueur à l’horizon 2011.

De leur côté, les consommateurs peuvent agir individuellement en repensant l’organisation de leurs achats et de leurs vacances :

  • N’utilisez l’avion que lorsqu’il n’y a pas d’autre alternative. En tout cas, évitez de prendre l’avion pour des distances inférieures à 700 km, pour lesquelles le train est en général le moyen de transport le moins polluant. Prenez l’avion moins souvent, et allongez vos séjours de vacances. Elles n’en auront que plus de valeur récréative, surtout si vous les préparez avec soin. Evitez en tout cas ces formules bradées de mini-trips, qui fleurissent aujourd’hui sur le marché des loisirs et des voyages ;
  • Voyagez léger : un avion peut économiser 34.000 litres de kérosène par an pour chaque kg de moins par siège !
  • Utilisez les moyens de transport en commun pour votre voyage vers l’aéroport ;
  • En achetant des produits alimentaires, intéressez-vous à leur provenance, surtout lorsqu’il s’agit de denrées qui sont aussi produites chez nous. Des haricots du Kenya, des carottes bio d’Israël ou des pommes de Nouvelle-Zélande vous sont proposés à des prix défiant toute concurrence parce que le kérosène n’est pas taxé. Les tarifs d’acheminement de ces denrées ne reflètent donc pas le coût effectif du transport.
  • Pour les voyages d’affaires, et les réunions d’organisations internationales : les nouvelles technologies de la communication telles que le courrier électronique, les forums Internet, les conférences téléphoniques et les vidéo-conférences, permettent d’éviter de trop fréquents déplacements en avion, font gagner du temps et épargnent l’environnement comme les finances de chacun ;

Sources: GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), prix Nobel 2007 et organisation reconnue mondialement.

 

Je vous rassure, ça ne m'empêchera pas (si je pars en vacance) de prendre l'avion cet été mais hors de question d'acheter des raisins qui ont fait 10 000 km! Qu'on se le dise.

20:04 Écrit par *Bugs* | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Hello bugs je suis contre les fraises au mois de décembre. J'engueule toutes les personnes qui m'en proposent:-)
Par contre, la valise hyper lourde en vacances...

Écrit par : Gwen | 27/02/2008

mwoué faut pas rêver nos dirigeant ou autres patrons de grosses sociétés ne sont pas prêts à renoncer à ces fameux voyages pour affaires ,sommets internationaux ou autres et suis certaine qu'ils bouffent des fraises en décembre eux !!
mais vont s'empresser de venir nous culpabiliser et nous forcer à faire ce que eux ne font pas... et ne feront jamais !

Écrit par : bio | 16/03/2008

Les commentaires sont fermés.